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8 femmes enceintes sur 10 prennent au moins un médicament : l’UNamur participe à une étude des Mutualités Libres

8 femmes enceintes sur 10 prennent au moins un médicament remboursé. Dans 7 % des cas, il s’agit de médicaments dont il a été prouvé qu'ils peuvent être nocifs pour le développement et la santé du bébé. Ce pourcentage est extrait d’une nouvelle étude des Mutualités Libres sur l'utilisation de médicaments potentiellement dangereux chez les femmes enceintes. Une première en Belgique ! Une étude à laquelle a activement participé le Professeur Jean-Michel Dogné, directeur du Département de pharmacie de l’UNamur.

Le cas du Softenon avait pourtant ébranlé les certitudes. Dans les années ‘50 à ‘70, ce médicament avait provoqué de graves malformations chez plus de 10.000 enfants. Mais aujourd’hui, combien de femmes prennent-elles encore des médicaments potentiellement dangereux pendant leur grossesse ? Pour le savoir, les Mutualités Libres ont analysé les données administratives des médicaments remboursés chez 63.736 femmes enceintes entre le début de l’année 2013 et la fin 2016.

83 % des femmes enceintes ont pris des médicaments

Reflux, mal au dos... beaucoup de femmes enceintes sont confrontées à différents soucis. Notre étude révèle que dans 83 % des grossesses, les femmes ont pris au moins 1 médicament prescrit et remboursé. La moyenne s’élève à 4 médicaments différents. Ce n'est pas sans risque, car à l’heure actuelle, pour aucun médicament, il n’est possible d’affirmer avec certitude  qu’il est inoffensif pour la mère et l’enfant. Il est néanmoins  important de ne pas modifier ou arrêter un traitement prescrit pour certaines maladies sans concertation avec le médecin.

Pour certains médicaments, nous avons la preuve scientifique qu'ils présentent des risques pour le développement et la santé des bébés. Notre étude révèle que dans 7 % des grossesses, les femmes enceintes ont pris des médicaments potentiellement dangereux pour le fœtus ou qui pourraient provoquer des anomalies dans son développement. Dans 4,7 % des cas, il s’agit d’anti-inflammatoires non stéroïdiens comme le Diclofénac ou l'Ibuprofène, pris lors du troisième trimestre de grossesse, des médicaments absolument déconseillés à ce stade.

L’âge joue un rôle

Le nombre de femmes enceintes qui prennent des médicaments potentiellement dangereux varie selon plusieurs facteurs. L’âge tout d’abord : chez les femmes âgées de 25 à 30 ans, la consommation de ces médicaments concerne 6,7 % des grossesses. Ce pourcentage monte à 10,9 % chez les plus de 40 ans. Cette différence peut s’expliquer par le fait que le nombre de maladies chroniques augmente avec l'âge. On remarque le même phénomène chez les femmes qui bénéficient de l’intervention majorée. Dans ce groupe, on dénombre une prise de médicaments potentiellement dangereux dans 8,8 % des grossesses, contre 6,6 % chez les femmes qui ne bénéficient pas de l’intervention majorée.

Les recommandations de l’étude

Pour les Mutualités Libres, il est essentiel que les femmes évaluent avec leur médecin les avantages et les risques de chaque médicament pris pendant la grossesse. Bref, si vous souhaitez avoir un enfant et que vous prenez des médicaments ou si vous envisagez d'en prendre pendant votre grossesse, consultez d’abord chez votre médecin ! Par ailleurs, il est important que vous ne preniez aucun médicament de votre propre initiative et que vous ne modifiiez ou arrêtiez pas un traitement prescrit sans l’avis de votre médecin. Tous les prestataires de soins qui accompagnent les femmes enceintes (médecin généraliste, sage-femme, pédiatre, etc.) jouent un rôle informatif important.

Plus d’infos ?

www.mloz.be

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